Mois : juin 2021

 

Francis Manneau : « Pour arriver au sommet, nous avons énormément bossé. »

Francis Manneau, le « bâtisseur » du Yutz Handball Féminin raconte pour le Comité de Moselle de Handball, ses nombreuses années comme entraîneur puis président des Louves. Entraîneur depuis la création de la section féminine en 1979, il a franchi toutes les étapes pour mener son club dans l’élite du handball français. 

Pouvez-vous nous raconter la création de la section féminine à Yutz ?

On a commencé en 1979, en championnat de Moselle. Je suis tombé sur un groupe de filles extraordinaires qui voulaient bosser à fond. Il me semble qu’en l’espace de deux saisons, nous sommes montés en pré-nationale. À partir de 1983, à l’exception d’une saison, nous évoluons en championnat de France. Cependant, nous sommes restés longtemps en Nationale 2. Mais ce n’était pas les mêmes structures qu’aujourd’hui, les championnats étaient beaucoup plus restreints. 

Vous avez dû vivre de super moments avec toutes ces montées ? 

Oui, en effet, en 1992, nous avons terminé champion de France de National 2, nous sommes donc allés jouer les finales ultra-marines en Guadeloupe, un voyage vraiment mémorable. D’abord, nous sommes allés jouer la finale à Clermont-Ferrand, que nous avons remporté et qui nous a validé notre place pour les finales ultra-marines en Guadeloupe. C’est vraiment un super souvenir parce que nous avons gagné la finale métropolitaine et la finale ultra-marine. On est parti de rien pour arriver au sommet, nous avons énormément bossé. 

Après votre voyage en Guadeloupe comment s’est déroulée la suite de cette épopée ? 

Nous sommes donc montés en N1, il y avait uniquement deux poules de 12. En 1999, nous sommes premières de notre poule de N1, nous jouons donc les finalités. Finalement nous terminons vice-championnes de France, mais nous accédons à la deuxième division. Après quelques années à jouer le maintien et viser le haut de tableau, c’est au terme de la saison 2003/2004 que nous parvenons à monter en première division. C’était vraiment fantastique, la soirée était folle ! 

Yutz en D1, dans votre salle, cela devait être incroyable ! Puis même pour vous, tout a changé dans votre vie ? 

Pendant 3 ans, nous avons joué en D1, à guichets fermés. Nous avions 120 abonnés pour une capacité de 600 places. On ne va pas se mentir, nous sommes un petit club et c’était très compliqué pour nous. J’étais entraîneur professionnel depuis que nous étions montés en D1, j’avais dû quitter mon emploi au Crédit Mutuel pour devenir entraîneur à plein temps. J’étais devenu salarié du club. La dernière année de D1 s’est très mal passée, j’ai été licencié, j’ai quitté le club et j’avais pris la décision de prendre une année sabbatique.

Vous avez quitté le club, puis vous êtes revenu… 

Je suis revenu deux ans plus tard à la demande du maire de Yutz. Il souhaitait que je reprenne le club qui était dans de grandes difficultés financières et sportives. Le club était au bord de la faillite. De ce fait, je suis président du club de Yutz depuis 2008. Lors de mon retour, j’ai alors cumulé les deux postes = président et entraîneur, nous avons fait les mauvais choix pour l’entraîneur, j’ai décidé de reprendre l’équipe. Cette période a duré jusqu’en 2013/2014 et l’arrivée de Gilles Boutiali, qui est un excellent coach. 

 

Francis Manneau, ancien coach et actuel président de Yutz. Photo : Le Républicain Lorrain

Récemment sans parler du Covid, il y a une année compliquée en D2 et aussi en N1… 

Oui, il y a eu quelques soucis avec les entraîneurs, il y a des problèmes très personnels aussi. J’ai dû refaire une pige comme entraîneur à un moment. Puis après nous avons décidé d’orienter le club sur la formation. Nous avons de très bonnes joueuses en U18 Championnat de France et nous avons souhaité les intégrer au groupe de l’équipe fanion assez rapidement. Les filles qui sont montées ont été géniales, elles se sont données à fond et c’est une grande réussite pour nous. 

Remonter en D2, est-ce un réel avantage pour vos jeunes joueuses ? 

Remonter en D2 permettrait peut-être à certaines joueuses de rester à Yutz et de pouvoir se montrer par rapport à d’autres clubs c’est sûr. Il y a des joueuses, leurs projets est de jouer en D1. C’est évident que si nous arrivons à monter en D2 d’ici deux ans, les jeunes formés au club se poseraient la question de rester chez nous ou de rejoindre un centre de formation et de jouer en N1. L’objectif est de jouer les premiers rôles et en fonction des circonstances on verra ce qu’il se passera, mais nous souhaitons vraiment remettre le club en D2. 

Pour ma dernière question, quand est-ce que nous verrons Yutz en Ligue Butagaz Énergie et Ligue des Champions ? 

C’est une blague ça ? Il faut être réaliste et avoir les pieds sur terre. Il y a 15 ans c’était possible, notre salle est trop petite, puis il faut un gros budget. Le but est de pérenniser le club en Division 2. La Lorraine est une terre de handball, mais Yutz c’est le club phare de la ville et nous devons nous développer un peu. La Champion’s League, j’aurais pu en rêver mais plus maintenant. Si on ne trouve pas un milliardaire (rires) ou gagner au loto, ça me semble irréalisable aujourd’hui.

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Lucie Webert – Porcelette « Les 20 ans du club c’est mon plus beau souvenir »

Lucie Webert est présidente du club de Porcelette depuis 2018, à la suite du départ de Patrick Clement. Au club depuis ses 11 ans, elle a joué, puis elle a commencé à coaché pour enfin devenir présidente. Il est vrai que Lucie Webert envisageait de reprendre un jour ou l’autre la présidence du club, mais elle ne l’imaginait pas aussi rapidement.  

Je crois savoir que sur votre première saison de présidente vous avez organisé une superbe journée pour vos joueuses… 

Oui, sur ma première saison en tant que présidente en 2018, avec nos -13, -15 et -18 filles, nous étions partis à la Maison du Handball à Créteil. Le matin, nous avons visité les locaux, et l’après-midi, elles ont eu la chance de faire un entraînement sur le terrain annexe. La séance avait été organisée par Gilles Boutiali, puisqu’il était venu avec nous. En plus, nous avons eu beaucoup de chances, c’était le week-end des finales de coupe de France. Il y avait tous les entraîneurs de LNH et LFH en formation, donc nous les avons tous vu. L’Équipe de France féminine venait faire son shooting photo l’après-midi, donc nos joueuses ont eu la chance de les rencontrer. Cette journée avait été financée par toutes les actions qu’on avait mise en place tout au long de l’année. 

Pouvez-vous nous parler des objectifs du club de Porcelette ? 

Rejouer ! Nous souhaitons aussi développer au maximum les équipes jeunes pour ensuite les faire monter en senior. Le but est de faire perdurer les équipes afin qu’elles puissent grimper les échelons. Notre équipe senior masculine évolue aujourd’hui en Première Division Territoriale.

Il est comment ce championnat de Pré-nationale Féminine ? 

Nous sommes en Pré-Nationale, nous savons que le championnat est à notre niveau, ça joue déjà très bien. Même si ce n’est plus le même niveau qu’il y a dix ans. Aujourd’hui, le niveau de pré-nationale féminin est équivalent au niveau de l’excellence d’avant. Il n’y a pas assez de jeunes, donc pas assez équipes au-dessus du lot. Cependant, parfois on perd des rencontres parce que nous ne sommes pas assez sur la feuille de match. Si ces matchs-là, on arrivait à les gagner, sur un bilan comptable ça serait différent et on pourrait vite monter en Nationale 3. Par contre, c’est un championnat qui est encore bien différent et je ne sais pas si nous aurons la carrure pour faire des résultats.  

Alors, vous nous le disiez, vous êtes présidente et aussi joueuse, parlez nous de votre parcours. 

Je joue sur deux postes : arrière et pivot. J’ai commencé en -12 à l’époque, je jouais déjà à Porcelette. Je suis une joueuse qui aime vraiment le contact, un peu hargneuse.  J’ai aussi fait une année au pôle espoir à Metz. Je suis passé par l’Équipe de Moselle. Il y a des années, je n’ai pas joué parce que je me suis blessée, mais j’ai fait toutes les catégories au club. En tant que joueuse, mon souvenir le plus marquant est d’avoir gagné une Coupe de Lorraine contre Hettange Grande. C’était il y a quelques années maintenant. Je me souviens, les tribunes de notre salle étaient vraiment remplies. Puis, si on parle de mes plus beaux souvenirs, c’est aussi ma première assemblée générale, en 2018, c’était les 20 ans ou le club était totalement indépendant.